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Périple en Inde Un mois au Myanmar
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L'Inde Unique et Multiple
Carnets de Voyages de Philippe Martin - Philmar
Voici un article écrit pour le spécial Inde de la newsletter du Club TELI de décembre 2007 ( http://www.teli.asso.fr )
L'INDE UNIQUE ET MULTIPLE
Je suis allé au Myanmar en 2006, et l'hiver dernier c'était mon 2e voyage, cette fois-ci en Inde. J'ai passé 2 mois dans les états du West Bengal et de l'Orissa. Ma vision de l'Inde et des Indiens est donc assez partielle, mais je crois qu'il y a vraiment, quelle que soit la région, un esprit indien, une ambiance indienne...
Mais tout d'abord, j'ai choisi cette destination parce que je me rappelais une expo photos, avec commentaires et musiques, sur les Bauls (prononcer baoul), vue il y a quelques années. J'ai eu envie de rencontrer ces nomades mystiques, vivant leur spiritualité par la musique. Etant moi-même musicien, professionnellement et dans l'âme, j'étais attiré par ces chanteurs qui se comparaient aux abeilles butineuses. En effet, en allant de village en village donner leurs chansons en échange de riz, ils récoltaient leur " pollen " tout en transmettant les " semences de vie " d'un lieu à un autre...
Bien sûr le modernisme les a rattrapé, mais cette communauté hors-caste et ouverte à toute religion, a su garder l'essentiel de ce qui me semble l'esprit baul, qui est cette ferveur de vivre, faite de folle sagesse, de liberté, en clamant haut et fort leurs doutes et leurs louanges, leurs joies et leurs souffrances. Et il m'est apparu que c'est plus dans leur musique passionnée que réellement dans leur vie que cet esprit baul est encore vivant. Ils sont maintenant sédentaires, mariés avec des enfants, et mendient de l'argent en échange de leurs chants. Mais ces derniers sont vraiment toujours aussi vibrants, que ce soit dans la rue, un train, chez un riche indien ou sur une grande scène. Vus par les Indiens comme des clochards, des artistes ou des maîtres spirituels, ils sont en fait très fiers, et en même temps très simples. Ils ont encore de cet esprit de Liberté, un peu moins sauvage, dans leur errance de Ménestrels (qu'on a comparé aux " Fous de Dieu " de notre moyen-âge), dans leur musique passionnée, au groove puissant et envoutant, aux mélodies accrocheuses, dans leurs paroles à la fois mystiques et existentielles, simples et poétiques... J'ai eu le plaisir et l'honneur de jouer avec eux, de participer à des concerts, et ce sont bien évidemment des moments inoubliables pour moi.
Je suis allé ensuite au sud du Bengale dans l'état d'Orissa pour essayer de rencontrer les Adivasis, les "Peuples Premiers de l'Inde", ceux qui étaient là avant les Dravidiens et les Aryens (respectivement sud et nord de l'Inde). Ce sont des communautés tribales, la plupart vivant en majorité de l'agriculture, mais dont certaines ont encore une économie de type chasse-cueillette. Mes questionnements sociologiques et philosophiques sur l'évolution de l'Humanité me poussaient à rencontrer ces types de culture, à la limite de la sédentarisation, et antérieures à l'écriture.
Ca n'a pas été simple pour avoir des informations sur eux, où et comment les trouver, et j'ai été finalement assez déçu. Outre les musées j'ai bien sûr assisté pendant une semaine au festival adivasi à Bhubaneswar. C'était intéressant mais je cherchais plus que de l'exotisme, du folklore et du commerce. De nombreux stands d'associations et d'organisations gouvernementales étalaient fièrement tout ce qu'ils faisaient pour aider les Adivasis dans la misère. Or c'est ce même gouvernement qui depuis une cinquantaine d'années leur a réduit, volé leur territoire, détruit leurs forêts, qui étaient leur moyen de subsistance... Je suis allé ensuite dans les Ghats (petites montagnes) pour les voir vivre chez eux, et j'ai effectivement découvert la pauvreté et l'alcool, et de la violence plus ou moins contenue. C'était choquant d'une manière différente que les rues de Calcutta, et je pense que c'était comparable à la situation de la plupart des indigènes dans le monde entier... J'ai malgré tout fait des rencontres très sympathiques, et apprécié notamment la simplicité, la générosité, la pureté même qui m'ont vraiment touché quand je suis allé dans un village au milieu d'une vallée perdue (relativement à l'Inde, car il y a toujours du monde quelque part!)...
J'ai lu une fois que si on n'aime pas les gens, si on n'aime pas les rencontres, il ne faut pas aller en Inde.
D'une part on sait que la densité de population est importante, et j'ai été surpris qu'il n'y avait jamais un endroit totalement désolé. Même dans des montagnes reculées, je pouvais voir au loin d'un côté ou de l'autre, des gens qui travaillaient, une fumée, des habitations,... Alors dans les villes, et notamment pendant les fêtes, c'est la foule! L'intensité du bruit, des odeurs, des couleurs, du mouvement est contamment présente.
D'autre part, les Indiens on vraiment un contact facile, ce que j'ai apprécié. Ils viennent à l'étranger naturellement, avec curiosité; ils posent des questions de toutes sortes ("Combien a coûté cet appareil photo? Comment se passent les mariages chez vous? Que pensez-vous de l'Inde? Quelle différence y a t-il entre les Indiens et les Français? Combien de temps dure le trajet entre les 2 pays?"); ils sont serviables, et commerçants aussi... Ils veulent tous être amis, certains sincèrement, d'autres pour pouvoir vendre quelque chose. Les Indiens entre eux (dans le même sexe) se touchent facilement (bras autour du dos ou main dans la main), il n' y a pas du tout les connotations homosexuelles comme chez nous, ce sont juste des marques affectives d'amitié. Ca remet en question nos manières occidentales d'être en relation, plus mentales, plus distantes (frustrées), et le fait qu'on associe automatiquement sensualité à sexualité. Ils expriment donc spontanément leur amitié sincère aux étrangers avec qui ils s'entendent bien. Mais parfois certains peuvent être un peu trop collants : par exemple un guide qui attend qu'on l'engage parce qu'on est "amis", ou bien le besoin d'être vu par les autres avec un occidental, ce qui leur apparaît souvent comme un prestige. Ils projettent sur nous un idéal d'avenir, mélangé à un reste de colonialisme, ce qui nous donne parfois malgré nous une aura de supériorité. Notre Occident brillant de technologie attise les envies, et les Indiens ne sont pas en reste sur le mirage du Progrès. Mais malgré tout, par rapport à d'autres pays du tiers-monde, il me semble qu'ils ont en même temps une véritable fierté de leur culture, et c'est probablement ce qui fait la force de leur tradition qui reste naturellement vivante, alors qu'ils s'ouvrent en même temps au modernisme avec enthousiasme.
J'ai évidemment plus côtoyé les sphères amicales que familiales, car autant ils sont exubérants dans le cadre des amis, autant ils ont beaucoup de pudeur vis à vis de leur famille, leur pôle d'intimité. Les Indiens aiment se retrouver entre eux, pour discuter, boire un tchai, faire de la musique, ou pour faire la fête. J'avais une image de l'Inde assez tranquille, et j'ai été surpris par leur tempérament turbulent et même surexcité. Dans les mariages, ils dansent, crient, chantent, rient aux rythmes effrénés des percussions. Ils m'ont souvent demandé de danser, ce que j'ai fait avec plaisir! Très respectueux des rituels, Ils sont discrets dans les prières, mais ils s'éclatent à fond dans les fêtes qui sont toujours religieuses! Certains sont en transe sur une musique énergique, juste à côté d'une famille qui dort dans la rue.
Un mot qui m'est venu pour définir l'Inde, c'est "contraste". L'Inde est riche d'impressions, de sensations très diverses, de gens, de comportements très différents. La douceur et la violence, la générosité et le mercantilisme, la curiosité et l'indifférence,... se côtoient souvent. Mais derrière cette multiplicité qui saute aux yeux, on sent une unité sous-jacente, à l'image de leur religion qui a autant de dieux que de villages, mais dont la notion d'une seule Réalité ultime divine est fondamentale dans leur philosophie. Que cette richesse foisonnante soit "saoûlante" ou "ennivrante", choquante ou fascinante, le fait est que l'Inde laisse rarement indifférent.
Philippe Martin
Email : philmarzic@gmail.com
Site musical : http://philmarzic.free.fr
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Publié le 01:59, 28/11/2007 in Périple en Inde |
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Concert et retour en France
Carnets de Voyages de Philippe Martin - Philmar
Et voici les dernières nouvelles de ce voyage en Inde, maintenant que je suis tout juste arrivé en France… (vous pouvez remarquer qu'il y a à nouveau les accents du clavier français)
Le 23 au soir il y avait une autre soirée prévue au Princeton Club. Bikram et ses amis étaient venus me voir, car je devais improviser avec le groupe Rudra dont Supam avait la pochette de leur CD. Mais nous avons attendu, attendu, et ils ont fini par leur demander quand est-ce que j'allais passer avec eux. Mais apparemment ils avaient changé d'avis. Ils semblaient craindre d'être dévalorisés si je chantais avec eux… Je n'ai donc pas chanté avec eux ce soir-là.
Pendant la nuit j'ai été bien malade, les samosas très épicés de la veille ne passaient pas… Je me suis reposé la journée chez Bikram, puis le soir j'ai retrouvé Haradhan dans sa maison avec les 1ers Bâuls arrivés. Nous avons échangé un peu et chanté, ainsi que le lendemain matin avec d'autres.
Dans l'après-midi tous les Bâuls (12 + Haradhan et moi + les musiciens de Purna Das Bâul) sont allés à Rabindra Bhavan, un auditorium à Kolkata, géré par une organisation culturelle dans l'esprit de Rabindranath Tagore.

Les préparatifs avant le concert
L'installation de la sono a été très lente, et les officiels de l'organisation sont arrivés très en retard. Il y eut ensuite beaucoup de longs discours, remise d'un prix au guru Purna Das Bâul,…

Discours des "grosses huiles"...

Remise de prix à Purna Das Bâul
Le public n'était pas très nombreux, et l'organisation globale du projet (payer les musiciens, la publicité, l'enregistrement audio et vidéo, hébergement des musiciens,…) n'est pas rentrée dans ses frais. Mais artistiquement ce fût une réussite. J'ai pu apprécier les "meilleurs" Bâuls du West Bengal selon la sélection de Haradhan.

Purna Das Bâul et ses musiciens

La femme de Satyananda Das Bâul, une japonaise devenue Bâule
Même si l'attente a été longue au début, le festival qui a duré environ 4h m'a semblé court. J'ai accompagné à la guitare la plupart des chanteurs, qui passaient à tour de rôle pour quelques chansons puis retournaient à l'accompagnement.



Haradhan accompagné de Satyananda
Et j'ai chanté 2 chansons improvisées qui ont eu beaucoup de succès auprès du public. Et une fois de plus j'ai apprécié l'accompagnement bâul, très à l'écoute.

J'ai eu des félicitations de tous, spectateurs, musiciens, officiels, et mes amis! Et encore d'autres gens qui veulent que je revienne en Inde.
Avec Bikram, Supam, Haradhan j'ai des projets pour retourner l'année prochaine…
Au retour la nuit, la 1ère pluie annonciatrice de la mousson a fait son apparition. Et d'ailleurs ces dernières semaines la recrudescence des moustiques a été assez désagréable.
Le 26 nous avons, Haradhan et moi, fait un petit concert privé sur le lieu de travail de Bikram pour ses collègues. Il y avait aussi le chanteur d'un groupe indien international qui a apprécécié ma manière de chanter, et voudrait qu'on travaille ensemble... L'année prochaine! Ce fut encore un moment agréable de partage, un peu court parce qu'après nous avions rendez-vous pour un enregistrement avec une chaîne de TV.

Ce fut un peu fastidieux de ma part, car j'ai chanté avec la guitare une chanson à texte ainsi qu'ils le voulaient, je ne m'en rappelais plus vraiment bien, et j'étais aussi un peu fatigué. J'ai aussi chanté une berceuse composée pour Raphaël il y a quelques annéees, et une impro. Haradhan, que j'ai accompagné, a chanté 2 chansons.

Le soir Bikram et moi sommes allés chez Supam. Nous avons écouté de la musique, et passé un bon moment jusque tard dans la nuit. On a dansé sur un enregistrement que j'avais fait lors de l'Adivasi Mela à Bhubaneswar.

Le lendemain furent les derniers moments avec les amis. La femme de Supam m'a offert un rakhi, un bracelet qui symbolise le lien fraternel. Et j'ai eu des petits cadeaux de la part de chacun. Haradhan nous a rejoint avec un de ses fils Polash, et son neveu Poltu. Il m'a offert un dopki, des grelots et des crotales, petits instruments bâuls.
J'ai ensuite pris l'avion de Kolkata vers Chennai. J'ai en effet gagné une journée par rapport au train (2h au lieu de 30h voire plus…) qui m'a permis d'enregistrer pour la TV, avoir plus de temps avec les amis, et être sûr d'arriver à temps pour le départ de l'Inde.
Avec un dottara et des crotales dans mon sac à dos, un esradj empaqueté, et mon dopki dans mon petit sac, je suis arrivé à l'aéroport de Kolkata avec 3 bagages, dont 2 avec moi en cabine car l'esradj est fragile. Un seul bagage à main était autorisé mais j'ai insisté fortement et ils ont fini par accepter. A l'aéroport internationnal de Chennai j'ai insisté aussi, mais ils ne voulaient vraiment pas… C'est alors que quelqu'un s'est proposé pour mettre mon petit sac dans son plus gros bagage à main. Nous avons donc suivi les formalités puis attendu le vol ensemble. Luigi avait aussi un petit instrument indien dans ses affaires. Il est suisse, joue du piano et fait aussi de l'électro. A l'aéroport de Londres, je suis passé sans problème avec mes 2 bagages à main… Ouf!
J'ai trouvé le froid et la pluie en arrivant en France, mais j'ai apprécié l'air pur et vif. Mon sac à dos qui était dans la soute n'était pas là... Ils devraient me l'envoyer par chronopost quand il sera arrivé à Paris...
Je peux dire que ce voyage a dépassé mes espérances, de rencontres humaines et musicales, et malgré ma déception sur la nourriture indienne, la fatigue parfois, les Adivasis qui ont été difficiles à rencontrer authentiquement,... je suis vraiment heureux et satisfait de ce "périple en Inde". Et... ça ne semble pas terminé!... A suivre dans un an...

Shanti préparant un repas

Monna, l'ainé de Haradhan, préparant un jus de goyave avec du yaourt

Polash, le 2e fils de Haradhan et Shanti
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Publié le 08:04, 2/03/2007 in Périple en Inde |
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Retour dans les villes, retrouvailles avec les amis et la musique
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Carnets de Voyages de Philippe Martin - Philmar
Eh bien a Vishakapatnam, une fois de plus j'ai passe pas mal de temps pour pas grand chose. Comme normalement un train longue distance doit etre reserve minimum 20 jours a l'avance, j'ai du passer toute la matinee du 19 a passer d'un guichet a un autre (genre plusieurs pour l'information, un pour tamponner, un autre pour payer,...) en faisant la queue a chaque fois, et faire des aller-retour entre 2 batiments eloignes de quelques km pour rediger un papier d'autorisation. Heureusement mon ami de la veille dans le train d'Araku m'a bien aide, notamment avec sa moto pour les trajets.
J'ai ensuite achete des CD de musique telugu et indienne, chansons et instrumentaux. J'en avais achete aussi a kolkata precedemment, je commence a avoir un bonne collection de CD, CVD de l'Inde! Et puis j'ai passe beaucoup de temps sur internet pour la page de Deomali, qui est bien fournie et un cybercafe tres, tres lent...
Le soir train couchettes en direction de Kolkata. Seulement 13h! (le guidebook en prevoyait 15) puis train local le lendemain pour Belur ou Haradhan m'a accueilli a nouveau dans sa maison avec sa famille.
 Raju, accompagant son chant de l'harmonium
Le lendemain nous sommes alle tot dans la maison de Raju son disciple depuis 20 ans. Il a maintenant 26 ans, et bien qu'etant employe dans les services des taxes, il travaille avec ferveur les chansons baules, ainsi que d'autres chansons traditionnels de l'Inde. Il est tres talentueux et aussi tres gentil. Nous avons joue et chante, et discute.
Haradhan Das Baul, accompagne par Raju
Puis Haradhan et moi sommes alle a differents endroits faire de la pub pour l'evenement du 25 fevrier, le special Baul Mela reunissant 12 des meilleurs Bauls, dont le prestigieux Purna Das Baul, plus ses musiciens, ainsi que Haradhan et moi. Environ 3-4h de musique qui vont etre filmees dans un auditorium...
Et ensuite nous sommes alle jouer a l'occasion d'une conference televisee rassemblant des grosses huiles de la radio et de la TV indiennes. Seulement 2 morceaux chacun, mais nous avons fait bonne impression au public et j'ai encore cumule des contacts d'autres personnes qui voudraient que je vienne l'annee prochaine...
Nous sommes alle ensuite, avec Bikram qui nous a rejoint pour nous voir jouer, dans un club de jazz, le Princeton Club, et avons rencontre d'autres gens. La j'ai fait une improvisation voix avec le groupe sur un morceau de blues. Il faut dire que j'etais frustre de n'avoir joue qu'un seul morceau, et la je me suis bien amuse avec les musiciens et notamment le guitariste en echanges melodiques.
Du coup un ami de Haradhan, que Bikram connait aussi, va me filmer pour produire un clip juste avant que je parte a Chennai pour prendre mon avion le 28. Et puis je retourne a ce meme club demain pour jouer avec un autre groupe, dont le guitariste est le meme... Bon moments en perspectives...
Aujourd'hui pas grand chose d'interessant, le billet d'avion pour Chennai (parcequ'en train - peut-etre 36h ou plus - je n'aurais pas le temps pour le clip...), et puis internet, pour vous servir!
A bientot!
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Publié le 11:57, 22/02/2007 in Périple en Inde |
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Araku Valley
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Carnets de Voyages de Philippe Martin - Philmar
C'est avec un peu de decalage que cette suite arrive...
Apres le trajet non lineaire Kundeli-Araku et avoir trouve une guesthouse j'ai cherche des instruments adivasis ou telugus. J'ai achete le soir 2 kildis, 2 petites flutes et un bat-stick, ainsi que quelques souvenirs.
Le kildi est fabrique sur le meme principe que le dholak, mais beaucoup plus petit.  C'est.une sorte de baton-flute qu'ils nomment bat-stick parce que le son ressemble a celui des chauves-souris. En faisant tournoyer le baton, l'air passe a travers des sortes de petits disques troues, fixes a l'interieur du tube en bambou.
Le lendemain ca m'a pris une bonne partie de la journee pour faire les paquets et les envoyer par la poste. Voici un exemple des etapes pour envoyer un colis depuis l'inde :
- trouver papier, sac, carton pour proteger les instruments en terre cuite (2 kildis, 1 dholak)
- trouver de la cire, bougie, allumettes, et du tissu absolument blanc
- faire couvrir les paquets avec le tissu cousu avec talent par un tailleur
- sceller avec de la cire et un tampon
- et suivre les etapes plus ou moins fluides d'un post office a l'autre pour l'envoi : faire peser (a Araku leur balance ne marchait pas, ils ont fait une estimation en sous-pesant... je les ai encourage a reduire quelque peu leur appreciation du poids...), ecrire les adresses (non seulement sur les paquets mais aussi parfois en plusieurs exemplaires ou il faut ecrire aussi tout a la main - regles de l'envoi,...), attendre les recus parfois avec beaucoup de patience....
Je suis alle ensuite au Tribal Museum de Araku. C'est tres bien presente, bien qu'un peu poussiereux, mais il y a tres peu d'explication ecrite et aucune sur la partie musique, et personne dans le musee n'a ete capable de me renseigner un minimum sur quelque chose... J'ai essaye d'avoir des infos sur les Adivasis et leur musique dans differents organismes tel que l'office du tourisme, mais ils n'avaient pas grand chose a me dire, sinon que je pouvais par le biais d'une agence passer faire un petit tour exotique dans un village. J'etais deja alle la veille au seul cybercafe du coin et on m'avait repondu "la ligne ne marche pas revenez demain", ce que j'ai fait la, et la il m'a dit que ca ne marche pas du tout en fait... En fin d'apres-midi il faisait nuit, c'etait trop tard pour une balade nature aux alentours, alors j'ai un peu tourne en rond dans ce bled, ne sachant quoi faire. J'ai essaye de trouver des CD de musique Telugu ou Adivasi de cette region, mais aucune des echoppes n'avaient ca. Que des pop songs, souvent de la soupe... J'ai quand meme pris quelques CD (generalement des MP3). Je me suis d'ailleurs enerve avec un vendeur qui etait vraiment pas sympathique. Il a pris pour toute mon irritation dans ce patelin (et ma fatigue aussi)... Je suis rentre a ma guesthouse "Tribal Cottage" (en forme de hutte pour faire tribal, ce qui est bidon car les Adivasis vivent dans des maisons rectangulaires...), et j'ai quand meme apprecie le relatif confort apres mon etape sportive du Deomali. J'ai meme regarde la tele! Il y a plein de chaines en Inde, generalement des films ou des chansons. (j'avais eu l'occasion de subir un film particulierement tres violent, ponctue de zapppings intempestifs, dans le bungalow de Onkadeli, en attandant de dormir dans le salon...) Les themes que l'on trouve generalement sont action (plutot violente) et romantisme (plutot mievre). Dans ces chaines TV comme dans dans beaucoup de pays, on trouve plus le pire que le meilleur de l'esprit indien. L'apparance et la frime y sont importants, dans la pub par exemple. Il y a aussi quand meme l'humour qui caracterise beaucoup d'Indiens. Et dans leurs chansons, quand il n'y a pas trop l'influence occidentale avec parfois des rythmes simplistes et lourds comme seul l'occident a su en en faire, ils font une fusion est-ouest vraiment interessante, avec des rythmes qui groovent vraiment!
Le soir j'ai rencontre un groupe de medecins, pharmaciens amis en vacance. Comme partout en Inde (ou je suis alle) le contact a ete simple et facile. Ils posent beaucoup de questions, souvent pertinentes, mais n'ecoutent pas toujours les reponses, car ils pensent deja a la question suivante... Les Indiens (quelque soient l'age et la classe sociale) sont souvent avides de connaitre l'occident, les modes de vie, comment on percoit leur pays, quelles differences il y a entre la France et l'Inde, la monnaie, la technologie dont ils sont tres friands,... Je ne compte pas le nombre de fois chaque jour ou je dis bonjour et que je viens de France... Bref, avec ce groupe de medecins nous avons discute un peu puis sorti dans les rues d'Araku Valley. La une jeune femme adivasi criait et pleurait... Tout un cote de sa figure saignait abondamment, elle allait en direction de la police pour se plaindre de son mari alcoolique qui l'avait battue... Une autre femme assez vieille la suivait en chantant-dansant a moitie. Elle semblait un peu folle, a moins qu'elle n'etait un peu shamane? Ambiance bizarre dans les rues desertes de la nuit et les medecins quelque peu desabuses. Je leur ai dit qu'ils pouvaient peut-etre la soigner. Ils m'ont repondu qu'elle verrait ca avec les policiers.... Un peu plus loin (c'etait dans la meme direction quer nos cottages) elle a rebrousse chemin, probablement par la peur des represailles futures de son mari.... Je leur ai dit qu'il fallait peut-etre l'aider a aller a la police, mais ils avaient l'air assez indiffrents de son sort, et aussi ne voulaient pas avoir d'ennui avec la police... J'ai hesite, et puis si elle decidait autrement je ne pouvais aller a l'encontre de son choix, et puis je ne connaissais pas son langage... je suis finalement rentre aux cottages comme eux.... La nous avons rejoints un autre groupe autour d'un feu de casmp, des etudiants ingenieurs. Ca a ete l'occasion de quelques chansons indiennes, avec aussi d'autres vacanciers qui nous ont rejoint. Et apres que j'ai improvise quelques chansons a la voix, un atelier chant s'est amorce. J'ai pu remarquer que si les Indiens sont souvent spontanes et chantent facilement des chansons, ils sont au moins aussi timides que les occidentaux pour lacher la voix improvisee, sans paroles. Ca a ete un moment sympathique.

Le lendemain matin je suis alle me balader dans les collines alentours. A travers les champs de cultures, puis a l'approche des collines dans les bois. La j'ai rencontre un Adivasi, nous esquisse un echange, de signes et regards ponctues de mots incompris par l'autre... Il etait bien sympathique, et il m'a fait signe (ce que j'ai compris sur le moment) qu'il allait en haut de la colline et faire un tour en redescendant par l'autre colline. Avec sa hache il semblait chercher les arbres a couper... Je l'ai donc suivi.

Il m'a montre des traces, fait croiser d'autres qui s'affairaient a couper des branches ou des plantes,... et puis j'ai commence a avoir le pressentiment que ce n'etait pas seulement un bout de chemin ensemble (il ne s'occuppait plus des arbres a couper, et insistait beaucoup pour que je prenne des photos...) mais pour faire le guide et etre paye. Et effectivement il m'a explique en sortant des billets que c'etait ce qu'il voulait... J'aurais pu facilement suivre le meme sentier tout seul, et le plaisir d'une simple rencontre a disparu. Je voulais bien le payer mais je n'avais qu'un gros billet.... Avec quand meme un peu de monnaie qu'il m'a donne il a ete bien paye. J'ai eu le bonus d'aller dans son village. Comme j'ai mime de jouer des instruments ils ont sorti un dholak et un kildi... mais ne savaient pas en jouer! Ils ont apprecie ma maniere de percuter, car je connais un peu les rythmes basiques adivasis, et ils ont rigole qu'un occidental joue comme ca. Puis je suis reparti vers Araku.

La on m'avait dit qu'il y avait une danse adivasie programmee. Quand je suis arrive c'etait vers la fin, on m'avait donne un mauvais horaire. Et evidemment apres les danseuses et musiciens voulaient que je paie... Je suis parti un peu degoute vers la gare.
Apres une longue queue regimentee par un policier pour obtenir le ticket, et une heure de retard, je m'eloignais de cet endroit assez decevant pour moi (hormis les instrus, mais ca ete une croisade pour m'en occuper!). La descente en train vers Vishakapatnam le long de la vallee d'Araku etait prometteuse car elle se deroule dans des paysages sauvages et des a-pics impressionnants... mais a cause du monde dans le train je n'ai pas reussi a trouver de place du cote conseille par le guidebook. Je n'a i donc pas vu grand chose de cette vallee qui me faisait rever sur la carte... J'ai eu par contre l'occasion de discuter avec Ajay un Indien etudiant tres sympathique, et nous avons echange au long des 5h du vieux train.
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Publié le 04:36, 22/02/2007 in Périple en Inde |
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Deomali et Kondhas
Carnets de Voyages de Philippe Martin - Philmar
Bonjour a tous,
Je suis donc parti dans la matinee du petit village de Kundeli a pied pour faire la montee vers le Deomali Peak...

17km avec au moins 14 kg (j'avais toutes mes affaires, les vivres et boissons, et puis le dholak en terre cuite...) et peut-etre 1000 m de denivele...

J'ai fait une bonne partie du trajet avec un adivasi qui allait a Kotia, un village dans la meme direction jusqu'a la bifurcation pour le col. Il ne parlait pas anglais, et d'ailleurs la plupart des Adivasis ne connaissent pas ou peu l'oriya, la langue de l'Orissa.


Au debut c'etait relativement plat sur pas mal de km, mais la montee vers le col ou est situe le 1er point de vue est parfois raide, et ca a ete dur a la fin de la journee.


La j'ai rencontre un couple indien d'amoureux, ayant monte en moto au coucher du soleil pour la St Valentin.

Anita et Bidin etaient tres sympathiques et j'ai trouve apres leur depart leur graffiti, comme en laissent beaucoup d'Indiens sur ces murs :

J'ai dormi sous les etoiles et c'etait bien agreable en haut de ce col... J'ai ensuite opere un repli strategique dans le batiment a la levee d'un vent froid au milieu de la nuit. J'avais prevu l'eventualite en nettoyant un peu a l'interieur... J'ai d'ailleurs laisse moi aussi mon graffiti...

Le matin j'etais mou et je me suis repose, et joue de la musique. J'avais entendu dans la nuit des percussions au loin, venant d'un village en bas de l'autre cote du col. Pendant que je jouais avec le dholak plusieurs petits groupes de passage d'Adivasis intrigues sont venus me voir... L'un d'eux m'a ecoute aussi chanter et jouer de la flute et apprecie. Par signes il m'a invite a aller dans son village qu'il m'a montre du doigt au loin. C'etait ce que j'esperais.

J'ai ensuite entrepris de monter jusqu'en haut du Deomali. J'etais fatigue par la longue marche de la veille, et la forte chaleur. Quelques points de vue plus loin, j'ai pris le risque (minime) de laisser mon gros sac dans un de ces batiments... et j'ai continue plus leger.

Tout en haut c'etait vraiment beau, meme pour moi habitue aux grands espaces des montagnes... On pouvait voir tout autour tres loin...

Je suis ensuite redescendu, fatigue, en recuperant au passage le gros sac, en direction du village. La, j'ai beaucoup apprecie la nature de cette petite vallee, verdoyante. Je suppose qu'il avait du pleuvoir un des jours precedents (il y a eu quelques gouttes lors de mon dernier jour a Koraput), et il y avait des fleurs et toutes sortes de senteurs agreables. Il faut dire que en cette saison seche en Inde, tout est poussiereux partout, et la c'est la plus belle vegetation que j'ai vu depuis que je suis dans le pays.

En arrivant au village, j'ai joue pour leur faire comprendre que je voulais partager de la musique. Du coup ca ete un peu comme un concert de ma part, et ils ont beaucoup apprecie, au point qu'ils m'ont donne 10 roupies que je n'ai pas ose refuser. J'ai essaye de leur demander de jouer, d'apporter leurs instruments. A un moment l'un d'eux a joue sur le dholak et j'ai chante.

Faisant partie de l'ethnie des Kondhas (ou Kanda, ou Gondo,...) etendue dans toute la region du Deomali et ailleurs, ils sont tres gentils et simples, bien differents de ceux qui avoisinent les routes... Sous la lumiere d'une torche electrique ils m'ont donne a manger, du riz et une sauce forte, similaire au thali indien, mais j'ai reussi a doser...

Ils ont ensuite installe un lit pour moi dans une de leur maison. tous autour discutaient. il y a eu encore une seance photos qui les fait beaucoup rire quand ils se voient.

Ils m'ont encore demande de chanter, et j'ai reussi a leur faire chanter quelques-une de leurs chansons. Comme a beaucoup d'Indiens qui sont tres curieux a ce sujet, je leur ai montre mes photos de Nicole et Raphael. Ils m'ont montre sur le mur des images de Jesus, et j'ai alors compris qu'ils etaient chretiens... Le petit temple que j'avais distraitement vu en arrivant etait une eglise, et je me suis dit que malgre leur gentillesse et leur bonne humeur, je n'etais pas tombe dans le bon village, car j'ai entendu venant d'un autre village des percussions et chants au loin...

A 4h du matin ils se sont actives, et j'ai fait une grasse matinee jusqu'a 6h! Il restait seulement quelques femmes, et dans la maison la grand-mere, tres gentille. Pour les remercier, je ne voulais pas leur donner d'argent, alors je lui ai offert mon couteau. Elles m'ont demande encore une chanson, et une photo d'identite a moi. A mon depart, j'ai senti qu'elle etait touchee et triste que je parte...

J'aurais pu aller au village suivant qui faisait de la musique, mais j'etais fatigue, et je craignais de ne pas avoir assez de temps pour rentrer, ainsi qu'a manger. La remontee vers le col a ete dure, mais en rescendant de l'autre cote, un motard (ne sachant non plus parler anglais) m'a enmene jusqu'a Kundeli. (a l'aller j'avais refuse plusieurs fois, mais la j'etais bien content!)

La, selon ma carte il y avait une route directe vers Araku au sud, mais la logique des transports locaux m'a fait remonter vers Semiliguda, puis resecendre par l'ouest en passant par Padwa, Chatwa, Araku, et Araku Valley, a chaque etape dans un nouveau vehicule qu'il fallait trouver (bus, pick up, autorickshaw,...)!
La suite va venir, sur Araku et Visakapatnam...
A bientot!
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Publié le 10:58, 19/02/2007 in Périple en Inde |
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Onkadeli et retour sur Koraput
Carnets de Voyages de Philippe Martin - Philmar
Namaste (le salut telugu en Andhra Pradesh ou j'ai mis un petit peu les pieds...)!
Tout d'abord merci pour vos petits messages et commentaires. C'est agreable de se sentir relies a travers les fils de la toile (et d'autres plus subtils, mais plus permanents).
A Koraput donc, j'ai vu le Tourist Officer tres sympathique et interessant. A l'ecoute de ma requete, il m'a dit que ce n'etait pas la bonne periode pour rencontrer les Adivasis pour faire de la musique, car ils sont en periode d'election (dans toute l'Inde) de leur representant au gouvernement... Le temps avancant j'ai finalement decide de privilegier les zones interessantes pour leur panorama, et de toutes facons il y a des tribus partout.
Nous avons aussi echange sur les religions de l'Inde, certaines legendes (j'ai eu du mal a tout comprendre), et c'etait instructif pour moi.
Plusieurs fois j'ai attendu pour des RV finalement reportes afin d'acheter des instruments de musique. Samedi 10 je devais voir le matin Monoj une des personnes responsables de l'eglise de Koraput qui me faisait rencontrer un musicien pour me vendre les instrus. Mais le dhapu (tambour a cadre comme le bodhran ou le bendir) etait de mauvaise qualite (peau tres abimee). J'ai joue et leur ai fait comprendre que ce n'etait pas pour decorer mon salon mais que j'etais musicien. Je me surprends d'ailleurs a jouer avec familiarite les rythmes, similaires a ceux que "j'inventais" en France avec le bodhran... et puis le dholak en terre cuite etait tres bien, mais je craignais pour l'envoi par airmail... Ils m'ont alors dit que je pouvais en acheter des neufs au haat (marche de la semaine) de Kakiriguma lundi. Cela changeait encore mon programme, car il me fallait revenir, mais j'ai dit OK.

Paysage dans le district de Koraput
Je suis donc parti quand meme en direction d'Onkadeli pour aller voir les Chutes de Dudumma. On m'avait dit que le bus mettrait 3h, et je pensais avoir le temps d'arriver et de marcher vers les chutes avant la nuit pour installer mon camp, mais le bus a mis presque 6h, il faisait nuit depuis au moins 2h et il n'y avait pas de guesthouse... On m'a conseille d'aller au bengla (prononciation pour bungalow). Ce n'est pas un logement pour etrangers, mais pour des Indiens qui travaillent temporairement dans une localite, mais ils ont accepte de m'acccueillir pour une nuit.
Juste avant en rentrant de mes petites courses au marche j'ai entendu chanter avec ferveur d'une maison, et comme d'habitude, sachant que les Indiens apprecient generalement, je suis alle voir. Sous l'avancee du toit dans le noir il y avait plusieurs hommes, l'un m'a presque saute dessus en disant "money, money!" et j'ai failli faire demi-tour, mais l'attrait musical a ete le plus fort. J'ai fais signe que je voulais entendre la musique a l'interieur et ils m'ont fait signe oui de la tete et l'un m'a suivi. Et la, j'ai vu des femmes qui chantaient-pleuraient autour d'un corps recouvert d'un drap, et j'ai compris que c'etaient des chansons de deuil! Je me suis excuse et retourne en arriere, mais les hommes voulaient de l'argent, l'un pleurait mais il est venu vers moi pour en demander... J'aurais pu me laisser aller a l'apitoiement, mais il ne m'a pas semble juste a ce moment-la de donner de l'argent dans ce contexte. Je lui ai souhaite avec le plus de coeur possible courage et foi, je ne sais plus trop (il n'aura pas compris les mots, mais l'intention). Apres coup je culpabilisais en me disant que dans leur tradition ca se fait peut-etre de donner de l'argent dans cet evenement...
Il faut dire que les Adivasis mendient beaucoup, et ils sont en effet classes Scheduled Tribes par le gouvernement indien, dans les meme registres que les Scheduled Casts... Ils ont en quelque sorte la meme position sociale en definitive que les parias, et ils ont une attitude de mendiants comme les misereux de Kolkata. Les extremes se rejoignent... Et puis l'alcoolisme est important, comme pour beaucoup de peuples primitifs qui ont ete depossedes...

Le village de Dudumma... 2 maisons...
Le matin en buvant un tchai avant de partir pour les chutes, en discutant, on m'a propose d'aller voir un village Gadaba non loin de la pour leur musique et leur danse.

Bijaya posant devant un cote du ravin des chutes de Dudumma
Bijaya m'a donc guide en moto sur les chemins poussiereux des hautes collines.

Une maison Gadaba
En arrivant j'ai fait la distribution de bonbons (que je lui avais achete dans son echoppe suivant son conseil...) aux enfants du village. Ils etaient vraiment comme des mendiants, et 2 vieilles femmes se sont meme un peu battues pour quelques bonbons... J'ai essaye d'expliquer au guide que je n'aimais pas ca, que ce n'etait pas un don que je leur faisais mais un vol de leur dignite... Je ne suis pas sur qu'il ait compris, et encore moins eux...

Les musiciens (dont l'un de dos cache l'autre) et les danseuses
J'ai accepte de payer pour la danse et la musique qu'ils ont joue a mon intention. La ils peuvent etre fiers, meme si c'est artificiel dans ce contexte. J'ai eu le sentiment d'un folklore qui est en train de s'installer au lieu d'une tradition vivante. J'aurais voulu avoir plus de temps pour vivre avec eux et les voir dans leur vie quotidienne. Ils ont beacoup de festivites dans l'annee, et le soir quand ils rentrent du travail ils font habituellement de la musique.

Belle spirale dansante...
Je suis ensuite alle aux fameuses chutes, avec Bijaya qui etait bien collant. Il me disait que c'etait dangereux et voulait me guider... et etre paye! Le Tourist Officer m'avait dis que je pouvais y aller seul, et c'est ce que j'ai fait alors.

En aval des chutes de Dudumma
J'ai pu profiter d'un des rares moments de tranquillite et de solitude, 2 choses que la plupart des Indiens ont du mal a concevoir!

Au loin les Bonda Hills...
Passee la riviere en amont je me suis retrouve en Andhra Pradesh, car elle fait la frontiere entre les 2 etats. Mais les paysages sont les meme : des collines qui s'etendent a l'horizon, plus ou moins dessechees ou arborees, plus ou moins sauvages ou cultivees. A ce propos j'ai pu observer dans le district de Koraput, notamment pendant les trajets en bus, l'ingeniosite des irrigations pour le riz et autres cultures, et les vergers de noix de cajou, de poivre,... Les animaux que j'y ai vu, des vaches, des chiens bien sur, mais aussi des poules, des cochons, rien d'extraordinaire pour les francais en some... Et puis des beaux lezards dans la guesthouse....

Mais qu'est-ce que vient faire ce lezard ici?! (Y a comme un lezard...)
Et pendant cette balade donc autour des chutes j'ai vu a 2 reprises la technique du brulis a l'oeuvre. Sous une chaleur quand meme assez etouffante, c'etait bien paisible, et, avec mon sac de 10 kg je me suis fait plusieurs petites poses a l'ombre...

La plus petite des rivieres des 3 qui forment les chutes de Dudumma
J'ai vu pas mal de fois des singes qui fuyaient a mon approche, et aussi un ecureuil plutot curieux, mais quand meme craintif... Et des enormes bourdons plus gros que mon pouce.

Vue d'en haut de la plus grosse des 3 chutes de Dudumma
Au retour je suis alle vraiment a la limite des chutes, en haut de 900m de denivele environ. Ce fut un un superbe moment pour moi, ennivre par les vapeurs ionisees des chutes et le soleil majestueux juste en face de moi. Un moment a la fois de serenite et d'exhultation, ponctue par des chants improvises. (je suis toujours tres inspire aupres des chutes; il faudrait que j'aille un jour aux Chutes du Niagara!)

Non il n'y avait personne avec moi, juste mon bras allonge...
Et je suis rentre un peu avant la tombee de la nuit. Sur la route j'ai entendu en passant pres d'un village de la musique. hesitant au souvenir de la veille, j'y suis alle quand meme. C'etaient 3 musiciens Telugus (Andhra Pradesh) qui passaient d'une maison a l'autre en jouant quelques morceaux pour se faire payer. Quand je suis arrive ils ont bien voulu jouer un petit peu pour moi. Je les ai vraiment bien paye pour leur signifier que j'en voulais! Et je leur ai dit aussi que j'avais aussi envie de jouer avec eux... Mais business is business, guere sympathiques ils m'ont seulement redemande de l'argent... et ont continue leur collectage financier... Il n'empeche que meme manifestement pas tres motives, ils jouaient tres bien, et j'ai evidemment un peu de leur musique dans ma petite boite magique... (petit enregistreur numerique).

Les 3 musiciens, avec de gauche a droite : un "mowri" (sorte de hautbois ou clarinette), un "ou" (un mowri a une note joue en souffle continu) , et un "djiaba" (petite percussion a 2 cotes et baguettes)
Un km plus loin et j'etais dans l'Orissa a Onkadeli et avec l'oriya comme langue et non le telugu. La on m'a explique que c'etait a l'occasion du Bhawan Puja, une festivite adivasie...
Le soir j'ai installe mon camp non loin du village dans la colline. J'aurais pu trouver un logement, peut-etre meme gratuit, mais j'ai prefere la solitude. J'ai en quelque sorte paye ma liberte par de l'inconfort (parceque monter le camp en pleine nuit avec une petite torche ce n'est pas le plus simple!) Ma 1ere nuit a la belle etoile en Inde m'a inpire une ame de poete. en contemplant les etoiles je me suis dit : comme les cultures de l'Humanite, suivant la latitude la configuration des etoiles est differente, mais le ciel est le meme pour tous...

Pas superbe mon camp, mais a peu pres fonctionnel...
De retour a Koraput hier, la petite ville m'a paru familiere. Et chaque localite ayant ses habitudes envers l'etranger, j'ai retrouve la celle de demander un piece de mon pays pour (soi-disant) collectionner. C'est une manie a un tel point que les enfants semblent ne connaitre qu'un seul mot : dollar (l'etranger occidental etant souvent associe a americain...). A Onkadeli c'etait un crayon qu'il me demandaient...
J'ai donc retrouve les amis de l'eglise pour acheter ces instruments auxquels je cours apres depuis pplusieurs jours... Monoj n'etant pas disponible c'est Majesh qui a ferme son echoppe pour m'enmener au marche de Kakiriguma. Comme j'etais gene, il a vraiment insiste et nous avons pris le bus. Encore pas mal d'heures de deplacements cahoteux dans la journee qui m'ont evoque le Myanmar, sans les pannes, mais encore plus bondes...
On presse les gens dans le bus pour que tout le monde rentre, comme chez nous on n'oserait pas le faire pour des vetements dans une valise! Et ca finit toujours par tout rentrer, en debordant un peu quand meme (certains ne tiennent que par un pied et une main sur de km... et puis il y a le toit!). Autant dire que les cotes sont dures pour les pauvres vieux bus!
La, a des prix excellents (pour moi mais pas pour le vendeur) grace a Majesh j'ai fait l'acquisition d'un tres bon dhapu et un petit dholak (tres bon aussi), car il n'y en a qu'en terre cuite, et j'ai decide de l'enmener avec moi. l'attente du bus de retour a ete longue, mais ca a ete l'occasion de jouer et danser avec des adivasis de passage dans la rue. Moment sympathique, et ils ont bien apprecie ma danse tribale, mais ca ne les a pas empeche de demander de l'argent a la fin! Je leur ai retorque que je pourrais en demander aussi puisque j'ai danse et que ca provoque un attroupement de gens curieux, amuses et enthousiastes. Mais bon c'est leur logique...
Apres ca a ete la recherche de sacs pour proteger les instrus, et j'en ai fianlement fait faire un sur mesure pour le dhapu... Ca a pris la soiree, et durant cette journee, j'ai pu faire mieux connaissance avec Majesh qui est vraiment quelqu'un de tres gentil. Il a passe sa journee pour moi en sacrifiant l'ouverture de son echoppe. Le melange de serviabilite indienne et chretienne est assez detonnant, ajoute pour certains a la projection qu'ils font sur notre culture et dont j'en suis la le representant pour eux. Je sens que souvent certains tirent du prestige vis a vis des autres Indiens a etre amis avec moi. Mais il n'empeche que Majesh est vraiment quelqu'un de tres gentil, et d'autres Indiens me l'ont dit a plusieurs reprises, qu'il aide souvent les gens...
Demain depart en bus encore pour faire le sommet le plus haut de la region (2000 m je crois), une colline nommee Deomali. La je rencontrerais peut-etre dans leurs villages environnant les Kondhas... Et comme je viens d'apprendre que la date du special festival Baul est maintenant fixee le dimanche 25 fevrier dans un auditorium de Kolkata, j'aurais l'occasion de les voir apres les elections du 15 fevrier.

A bientot donc pour de nouvelles aventures!

Et la photo bonus du jour, les 3 instruments Gadaba de gauche a droite : un "dholak" (son grave, joue avec des tubes en caoutchouc pour baguettes, cf tout a gauche), le "madhal" ( je ne suis pas vraiment sur du nom, joue des 2 cotes avec des baguettes), et le petit "kildi" devant (meme forme que le dholak avec un son bien plus aigu, qui sert a donner la pulsation avec les baguettes aussi)
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Publié le 09:01, 13/02/2007 in Périple en Inde |
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Mariages a Koraput
Carnets de Voyages de Philippe Martin - Philmar
Namaskar!
Avant-hier, en attendant le bus du soir je suis alle dans un magasin de musique, histoire de jouer un peu de musique et peut-etre acheter quelque chose. Il n'y avait pas des masses de choix, c'etait tout petit et il y avait surtout des percussions. J'ai maintenant des tablas et j'avais deja un mrindangam...
J'ai joue un peu sur une guitare et chante, et puis en cherchant un peu j'ai trouve des turis (ou muris), sortes de hautbois indiens avec un cornet. J'en ai achete deux avec leur sac et des anches de rechange.
Peu apres j'ai rencontre un Indien tres gentil qui a voulu m'aider le reste de l'apres-midi jusqu'a ce que je prenne mon bus. Prasanta ne parlait pas tellement bien l'anglais, mais c'etait tres sympathique quand meme. Il aimerait aller en France... J'ai fait mes courses (essentiellement fruits) pour manger, et j'ai goute avec lui a des boissons indiennes (badam milk, grape juice,...)

Prasanta est conducteur de metier, et il tenait a poser pres d'un bus.
12h de bus plus tard, j'etais a Koraput. Quand on se deplace ainsi, on peut avoir le sentiment que la Vie est un eternel renouvellement!
Comme on me l'avait conseille, je suis alle voir le Pere de l'Eglise Evangeliste de Koraput. Il m'a donne des informations interessantes sur les Bonda, chasseurs-cueilleurs des collines au sud-ouest de Koraput. Et il m'a propose d'assister a midi a un mariage chretien en Inde dans son eglise, puis l'apres-midi de voir des Adivasis dans un village a une dizaine de Km. J'ai dit OK, et en attendant je suis alle visiter le Jagannath Temple qui est bien plus petit que celui de Puri, mais ou l'on peut entrer.

Il y a des autels de toutes sortes de Dieux indiens, qui sont en quelque sorte sous l'abri du Seigneur des Dieux
C'est un endroit tres paisible avec des Indiens venant prier, des pretres tres sympathiques, et qui ne courent pas apres l'argent.

Du coup j'y ai achete des petits livrets sur la culture tribale, et en les poarcourant j'ai compris que Jagannath, communement appele le Seigneur des Dieux et considere comme un Avatar de Vishnou dans l'Hindouisme, est en fait une deite principale des tribus Adivasis, anterieure donc a la culture indienne.

Adivasis en train de jouer. Statues devant le tribal Museum
De plus, je l'ai lu plus tard dans le Tribal Museum non loin du Temple, que Jagannath qui est toujours represente par 3 personnages, symbolise en fait l'Humanite. Habituellement celui de droite est Jagannath, celui de gauche est son grand frere, et celui du milieu est sa petite soeur (je ne me souviens pas de leur nom). Mais dans le Musee il est explique l'evolution du Genre Humain a partir des primates, et les 3 principales races que l'on peut distinguer.

Les personnages de Jagannath n'ont pas le meme style que les autres images ou sculptures indiennes
Les 3 personnages de Jagannath ont toujours les 3 couleurs suivantes sur le visage de gauche a droite : blanc/jaune/noir. L'interpretation n'est peut-etre pas tres objective de la part des adorateurs de ce Dieu, car ils sont en partie fondateurs du Musee et du Centre d'Etudes (en colaboration avec des anthropologistes) qui y sont liees, mais j'ai trouve l'idee interessante, et plausible de la part de cultures tribales dont la notion de hierarchie n'existe pas, seulement l'Humain, contrairement aux preceptes vishnouistes.

Un Mandala en relief au plafond
Je suis donc alle apres au mariage chretien indien.

Musique du folklore oriya tout d'abord, dont j'ai apprecie les rythmes, et puis la ceremonie avec le sermon et des chants typiquement chretiens avec des paroles en oriya. Et puis l'anneau comme les Chretiens, mais la guirlande de fleurs comme les Indiens...

Bien qu'etant invite par les familles du mariage rester avec eux, je suis parti sur la moto du reverend Asish Paul a toute blinde, comme tout Indien qui se respecte, en direction de Djapsil.
Etant arrive j'ai trouve un petit village d'agriculteurs vivant comme les Indiens (habits, technologie, langage,...), et non de maniere tribale, meme s'ils en ont surement l'origine... Puis j'ai compris qu'il etait venu la pour celebrer un autre mariage (j'aurais du m'en douter). J'ai donc assiste au 2e de la journee. Dans leur petite eglise ils ont tout d'abord chante une chanson d'accueil pour moi, et m'ont passe une guirlande au cou en tant qu'invite d'honneur. Puis j'ai du leur parler (traduit par le reverend) de la raison de ma venue chez eux, les remercier de leur accueil,... Ensuite j'ai du resister au sommeil (apres 2 nuits a mal dormir...) tout le temps de la messe ou je ne comprenais rien.
Et apres ils m'ont mis dans la main une percussion (un tambourin en plastique et metal) pour jouer avec eux pendant la petite procession... J'ai joue dans le rythme mais evidemment pas ce qu'ils font habituellement, mais l'ambiance etait legere et sympathique, et je crois que j'aurais pu passer un bon moment avec eux.
Mais le reverend m'a fait appeler par un de ses aides locaux, et je pensais que c'etait le moment de partir, mais non c'etait parceque j'etais invite a manger le sempiternel plat de riz indien avec dhal, curry et autres sauces : le thali. Et une fois de plus ils ont du mal a comprendre le sens du mot "peu" (a little)... Le curry arrachait vraiment, et j'avais bien fait d'en prendre juste une pincee! Mon palais a ete console par un verre de lait...
Juste avant de partir on m'a montre un instrument traditionnel, le dudunga, a une corde comme l'ektara des Bauls. Je l'ai essaye puis achete.
Nous sommes ensuite retournes a Koraput et j'ai cherche une guesthouse. La j'ai pu dormir 1h30 quand j'ai ete reveille en debut de soiree par de la musique dans la rue. Apres 3 passages de groupes ambulants sous la fenetre, je me suis leve pour suivre le dernier pensant qu'il y avait une puja (fete religieuse). C'etaient en fait des mariages.

Je n'ai pu prendre que quelques photos rapides a cause des piles quasi dechargees et les danseurs qui passaient toujours devant les musiciens pour etre pris en photo! Et de meme pour les piles de mon petit enregistreur. C'est dommage car ca jouait vraiment bien. Je ne sais pas s'ils tirent toute cette energie des epices qu'ils ingurgitent, mais arrive au lieu du mariage, les musiciens jouaient encore et les danseurs trepignaient, ondulaient, hurlaient encore. J'ai alors danse aussi, invite par une vieille mamie pleine d'energie, puis avec plein d'autres... Ils ont apprecie ma participation.
J'ai ensuite vu le rituel hindou du mariage avec les prieres, les benedictions,... au milieu du tintamare des gens qui parlent, crient, jouent, dansent... Ce fut donc mon 3e mariage indien (typique celui-ci), et j'ai evidemment ete invite a manger le thali. Je n'ai pas encore reussi a avoir des quantites moderees, mais par contre j'ai ete surpris car les sauces etaient moins epicees, et avaient du gout, et j'ai apprecie le dessert au lait.
Aujourd'hui du coup ce sont mes intestins qui n'aiment pas le traitement et je les soigne avec des fruits!
Aujourd'hui apres 2 jours pour tenter de rencontrer le directeur du Musee, j'ai enfin reussi, mais cet homme tres occupe n'a pas pas pu me recevoir, par contre il m'a permis de poursuivre ma requete aupres d'un autre responsable. Demain matin je dois aller voir un officiel pour qu'il me donne les renseignements pratiques et peut-etre un guide... Il faut de la patience...
Voici des petits bonus d'images pour Raphael. C'est une exposition ("Jungle Lore") sur les animaux a cote du tribal Museum.

Un dinosaure presque grandeur nature...

Raphael aime bien les tigres...

Et puis un voisin (un pigeon) de ma chambre d'hotel, qui reside a la fenetre de ma salle de bains...
(a ce propos j'avais oublie de mentionner les rats a Bhubaneswar qui m'ont bouffe la moitie de ma reserve de capsules pour la digestion des voyageurs! Je n'en prend donc generalement pas...)
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Publié le 07:51, 8/02/2007 in Périple en Inde |
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petit encart informatif...
Carnets de Voyages de Philippe Martin - Philmar
Je suis desole pour les tailles d'ecriture, il y a un bug sur le blog, et je n'arrive jamais a avoir la taille que je vois dans mon brouillon...
Mon adresse email sur free ne semble plus fonctionner... Mais vous pouvez m'envoyer au meme login philmarzic sur gmail : philmarzic@gmail.com
Si vous m'aves envoye quelque chose dans les 2 dernires jours, transferez-le moi sur cette adresse, svp!
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Publié le 05:42, 8/02/2007 in Périple en Inde |
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Lac Chilika
Carnets de Voyages de Philippe Martin - Philmar
C'est depuis Berhampur une petite ville faisant la jonction entre plusieurs trajets de bus que je vous ecrit.

Depuis le balcon de ma chambre d'hotel
Mais d'abord, petit flashback a mon arrivee le soir a Satapada, tout petit village touristique au bord du Chilika Lake. Il n'y a qu'une seule guesthouse qui est geree par le gouvernement, associee a l'Office du Tourisme. N'ayant pas de concurrence ils ont presque double le prix des chambres depuis l'annee derniere... Et puis du coup ne voulant pas rester une nuit de plus, ils ne m'ont pas tout dit a propos des possibilites de depart en direction de Koraput, pour que je reste une nuit de plus... Heureusement j'ai rencontre Hiltz un belge flamand qui parle un peu le francais, et a qui ils n'avaient pas donne les meme renseignements car lui il voyage en velo.
Je vous passe generalement ce genre de petits details materiels, mais c'est un exemple de ce que beaucoup d'Indiens tentent de faire pour obtenir plus d'argent... Sans etre parano, je suis oblige d'etre constamment vigilant de ce qu'ils veulent, et ce qui explique que j'adopte generalement un comportement plutot radin pour voir ceux qui recherchent reellement un rapport amical...

L'interieur du bateau
Apres une nuit infestee de moustiques, je suis alle le matin en bateau sur le lac voir les petits dauphins "Irrawady Dolphins" qui portent le nom de la riviere principale du Myanmar. Ce sont les meme que dans ce fleuve, mais ce coup-ci j'ai pu les voir plein de fois! Mais desole ils sont tellement rapides et imprevisibles que je n'ai pas pu prendre de photo ['Raphael, a la place j'ai pris des autocollants pour toi!"].

Voici une photo de l'autocollant pour vous donner une idee
Ils ont l'avant de la tete arrondi et non comme on a l'habitude de voir generalement les dauphins. La peche intensive et les desequilibres environnementaux (peche industrielle des crevettes, ensablement,...) font diminuer la quantite de poissons, et avec eux ces dauphins qui finiront par disparaitre si rien n'est fait... de meme que les pecheurs locaux!

Hiltz en train d'observer aux jumelles
C'est aussi un lieu important pour les oiseaux, migrateurs ou non, mais pour la meme raison il y en a de moins en moins... Avec Hiltz, qui s'interesse particulierement a la faune (il a travaille quelques annees pour la preservation d'especes animales en Belgique) on a observe aux jumelles differentes sortes d'oiseaux : aigles des mers, mouettes, herons et d'autres dont je ne me rappelle plus les noms...
Avec le bateau nous sommes alles a l'embouchure du lac avec la mer, en accostant sur Rajhansa la longue lande de sable (60km de long) qui separe l'ocean du lac. Ce lac comprte en effet 3 types d'eau et donc de types de poissons : eau douce, eau salee et eau mixte.

A l'embouchure
J'ai passe le debut d'apres-midi a discuter avec Hiltz avant de partir pour Koraput (il va aussi la-bas pour voir aussi les tribus, mais en utilisant en partie le velo. peut-etre le reverrais-je la-bas?)
Depuis Satapada, j'ai traverse par bateau le lac, puis pris un mini-bus plus que bonde, sur une route tres chaoteuse... Ca m'a rappele un peu le Myanmar, sauf qu'il n'y a pas eu de panne. En plus, il y avait juste a cote de moi un type qui reniflait toutes les 5 secondes et crachait toutes les 30 secondes (il machait une noix de bethel, et je deteste cette odeur qui m'ecoeure!) pendant environ 2 h....
Ensuite j'ai pris encore d'autres bus pour rejoindre Berhampur, et c'est la que j'ai lie contact avec Manasha un jeune etudiant qui m'a aide pour toutes ces liaisons.

Manasha
Ce furent au total 4-5h de transport et nous sommes arrives le soir. Il m'a alors invite a manger, dormir chez lui avec ses amis etudiants, tous dans la meme maison. ce fut une petite soiree sympathique a echanger chosesa et autres (avec les inevitables questions "quelle est votre monnaie dans votre pays? combien en roupies? combien coutent : le vol en avion, l'appareil photo, etc"). Ce ne fut pas une soiree passionnante, mais les Indiens, en particulier les etudiants, sont faciles de contact, ils ont beaucoup d'humour, ils sont curieux de connaitre comment on vit en france,...

Repas de riz avec dhal et curry de ponji
Ce matin je me suis leve tot avec eux (on a dormi a 7 dans la meme petite chambre avec un ventilateur tres bruyant. Ajoute a un repas trop, trop consistant, et le plus epice que j'ai mange jusque la, je n'ai guere dormi...), car ils passaient des examens aujourd'hui.
J'ai reserve un bus pour Koraput, mais il part a 20h (11h de trajet de nuit), alors en attendant, puisqu'il n'y a pas grand chose a faire dans cette ville me voici dans un cybercafe...
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Publié le 05:17, 6/02/2007 in Périple en Inde |
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Temples et Nature
Carnets de Voyages de Philippe Martin - Philmar
Hello! Eh bien depuis le dernier message, la derniere chose que j'ai faite a Bhubaneswara ete d'aller voir un acunpuncteur avec le mur barde de diplomes. Vu le prix je n'avais rien a perdre, et en fait d'acupuncture, c'etait plutot de l'acupressure (pression sur les points d'acupuncture), et une sorte de massage avec une machine, vraiment pas agreable, et bruyant (ca m'a rappele quand on est dans un autorickshaw a l'arret avec le moteur allume...)! En fait j'ai eu du mal a dormir apres...
L'entree de Jagannath Mandir
Le lendemain matin je suis donc parti en direction de Puri pour voir le prestigieux temple Jagannath Mandir, un des lieux les plus sacres pour les hindoux, un des 4 points cardinaux de l'Inde marques par un Temple, et un des lieux les plus importants de pelerinage dans le monde... Il est vraiment imposant vu de l'exterieur, mais l'entree y est interdite pour les non-hindoux... On peut juste monter (moyennant l'habituel backshish) sur le toit d'une librairie pour voir un d'en dessus...
Franchement, si l'on n'est pas hindou, je ne vois pas l'interet de se deplacer pour ca. Par contre Konark... (mais vous verrez plus loin) Je suis alle voir quand meme le Gundicha Mandir, un plus petit temple, que rejoint le Char de Jagannath (14m de haut, 16 roues...) lors de la procession du Rath Yatra l'ete. Mais c'est la meme chose, interdiction d'entrer. Par contre les vendeurs et les mendiants etaient bien sur au rendez-vous!
 Entree du Gundicha Mandir Je suis alle ensuite a Rangers Adventures, un petit complexe (chambres, restaurant, trekking,...) en pleine nature situe sur la route entre Puri et Konark. Cela appartient en fait a Sanjay que j'avais vu la veille. J'avais hesite a y aller, car j'ai senti le business man qui par le biais de sites d'accueil gratuits comme hospitality-club.org fait connaitre son lieu. Et en plus il n'etait meme pas la, car il y a aussi l'aspect rencontre/echange dans l'esprit de ce website.
 Ma chambre, un record de confort, comparativement aux "cellules de prison" des precedentes guesthouses...
Mais n'etant vraiment pas cher et en pleine nature, je m'y suis arrete... et j'ai bien fait! Le personnel est vraiment sympathique, et il suffit de traverser la foret a moins d'une demi-heure de marche et on se trouve face a l'Ocean!
Une plage a perte de vue, c'est presque sauvage (il y a deja quelques detritus...), et personne nullle part... Je suis alle dans l'eau et elle etait vraiment bonne, tiede. Je n'ai pas vraiment nage, car en pietre nageur que je suis, je ne suis pas alle loin, et les courants sont vraiment tres puissants...
Les vagues etaient au moins aussi hautes que le niveau de l'eau... Ce fut un autre massage en puissance (et bien autrement agreable que le masseur de la veille)!
Le temps a vite passe et j'ai failli me faire surprendre par la nuit, car ce climat est tellemt semblable a l'ete pour nous que j'en oublie que c'est l'hiver et que la nuit tombe vers 5h30. Le responsable de Rangers etait inquiet car je pouvais me perdre et parce qu'il y a des loups et des chacals...
Le lendemain matin, je prenais le minibus pour Konark. J'ai passe un bon moment a visiter le site, tout d'abord avec un guide qui m'a explique le sens de ces majestueuses constructions, et ensuite seul, en flanant, et en prenant des photos en pensant a vous... Bien abime par le temps (et les Moghols) ce site est en restauration avec l'aide de l'UNESCO. ca ne l'empeche pas d'etre superbe et interessant.
Il y a plusieurs temples tous dedies a Surya, dieu du Soleil, mais un seul est a peu pres en etat, et vraiment superbe malgre l'effondrement il y a plus d'un siecle de sa tour de 40m. L'ensemble est concu comme un chariot avec 24 roues qui representent les heures, et tire par des chevaux.
Un des chevaux restant
On peut mesurer a quel moment de l'annee on est, et quelle heure il est a 3 minutes pres.
Chaque rayon represente une heure, et chaque petit point 3mn.
Ce temple est repute pour ses sculptures erotiques dans la lignee du Kama-Sutra. Il y a en fait 3 etages qui representent les 3 ages de la vie (enfant/adulte/viellard) et qui representent 3 aspects de la vie (abondance symbolisee par l'elephant/controle de l'energie symbolise par l'erotisme/et sagesse symbolisee par les dieux), l'etage erotique etant le plus developpe.
Il faut y voir je pense la la symbolique tantrique sur les themes du temps et de l'evolution, dans une perspective astrologique. Car il y a juste a cote un sanctuaires des 9 planetes, venere par les hindoux. Il contient une dalle de 6m qui servait de linteau au porche principal du Temple.
Saturne au centre, symbole de Sagesse est leplus venere
Je suis retourne a nouveau a ma guesthouse (toujours seul a part quelques clients le soir pour boire ou manger), et je suis alle encore a la plage. Sur le chemin dans les bois, j'ai apercu des daims fuyant a ma vue...
Sur la plage, apres m'etre baigne, j'ai vu 2 silhouettes au loin qui s'approchaient, et a ma surprise ce n'etaient pas des hommes mais 2 vaches qui se baladaient tranquillement sur la plage! Je me suis amuse aussi a observer les crabes...
Un crabe sur l'empreinte d'un sabot de vache...
Bref, un bon bol d'air frais et de tranquillite que cet endroit (je trouve qu'en Inde l'air parait toujours un peu lourd, peut-etre est-ce du a la poussiere de cette saison, et la chaleur?), et j'en avais bien besoin apres le vacarme des villes!
Un petit clin d'oeil a Raphael! (il aurait eu de la place pour jouer dans le sable!)
Un petit tour rapide ce matin a la plage avant de partir en direction du Chilika Lake. Sur la route je me suis arrete a Puri, seul endroit dans la region ou il y a internet, et me voici a vous donner les dernieres news de l'Inde...
 Il y a aussi des sculptures de danse et musique, que je me suis empresse de prendre en photo!
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Publié le 06:12, 4/02/2007 in Périple en Inde |
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suite Musiques et Tribulations administratives...
Carnets de Voyages de Philippe Martin - Philmar
Pas grand chose de nouveau depuis la derniere fois : concerts chaque soir, et souvent perte de temps la journee…

En effet, je suis retourne 2 fois au ST (Schedule Tribal) Development Dept, pour qu’ils me disent chaque fois de revenir le lendemain (après avoir attendu un long moment). Ce matin je n’y suis pas alle… Bikram par email m’a dit que ce sera plus simple a Koraput. Je verrai…
Ce matin je pensai aller au Zoo de Nandankanan a 20km de Bhubaneswar, juste après avoir envoye un petit colis a la Poste. Mais… ca m’a pris la matinee a attendre l’ouverture des guichets, a empaqueter le colis (fait avec grand art par un couturier), a remplir 3 formulaires plus le colis, a attendre le recipisse… Je mets donc une croix sur le zoo, car ce sera trop court cet après-midi, d’ici la fermeture. Et j’ai envie de partir demain de la ville!
Bhubaneswar est semblable a Kolkata dans les grandes arteres (traffic tres bruyant, pollution,…), relativement plus calme dans les petites rues (aussi polluees).

J’ai supporte cela avec une relative serenite a Kolkata, mais maintenant je sature de la ville, du bruit, de la puanteur, de la salete… Il y a quand meme moins de misere a Bhubaneswar qu’a Kolkata, il y a moins de gens a chaque coin de rue qui dorment par terre, qui mendient. Il y a plus de vaches et moins de chiens, et les deux sont nettement moins squelettiques!

Meme les concerts, je ne les apprecie qu’a moitie, car les Indiens mettent toujours les sonos a fond, a saturation… Les 1eres parties de chaque soiree, jouees par les Adivasis ne sont pas a saturation, preuve je pense qu’ils sont moins apprecies, respectes, et la je me regale, mais après ce sont des sortes de comedies musicales, ou des concerts de musique indienne.

Comme le public aime ca, ils mettent a fond, et le son est pourri et ca gache tout, car leur musique est tres subtile. Un Francais que j’ai rencontre m’a dit : “C’est comme les epices, ils aiment ce qui est tres (trop) fort!”

Apres un mois en Inde, je me dit que le mot qui me semble le mieux representer le peu de l’Inde que j’ai vu est “contrastes” . Tout le temps se cotoient les extremes : la douceur et la violence, la curiosite et l’indifference, la generosite et le profit, la salete et l’hygiene, la richesse et la misere, la culture et l’analphabetisme,… (la seule chose qui me vient qui n’a pas son oppose en Inde, c’est le bruit; pour un musicien, c’est dur…)
Peut-etre pourrait-on resumer cela aussi par “tolerance”, une approche de la liberte qui ne peut etre concue que de maniere communautaire. Mais tolerance n’est pas toujours respect, il n’y a pas consciemment de rapport a l’autre.
Voila c’etait la petite sequence philosophique…

Pour terminer mon journal de bord, j’ai quand meme rencontre des musiciens en reentrant du festival un soir. Amateurs mais fervents chanteurs-joueurs de chansons dediees a Krishna. J’ai un peu participe en jouant des crotales (petites cymbalettes que l’on entrechoque en rythme), et en chantant un peu.

Et puis après les avoir quitte après la chanson “Holi Bol” rituelle de la fin (idem au Bengale), j’en ai croise d’autres un peu plus loin… Chansons et discussions philosophiques terminerent cette soiree et la suivante, car j’y suis retourne le lendemain soir.
Un soir aussi pendant l'Adivasi Mela, j'ai ete interviewe par une journaliste de la TV de Delhi. Elle voyait que j'etais la tous les soirs a enregistrer et photographier, alors elle m'a filme et pose quelques questions...
Et puis hier apres-midi je suis alle au State Museum. Vraiment tres interessan! Sur les 2 grands etages, avec diverses salles specialisees on y trouve des dioramas sur les animaux un peu vieux mais tres bien faits; des peintures de la prehistoire; d'innombrables statues de divinites indiennes; les pieces et leur fabrication; les ecritures et leur histoire, tres belles gravees dans la pierre ou autres materiaux; les coutumes des anciens peuples de l'Orissa (les adivasis) avec leurs outils, habits, instruments de musique,... Je regrette juste de ne pas etre venu plus tot, car 1h30 avant la fermeture ca m'a paru court pour vraiment tout apprecier.

Je vais rencontrer Sanjay ce soir, une autre personne de hospitality-club.org, et demain je vais a Kornak, Puri… Les temples reputes et un peu d’ocean, et surement encore un bain de foule. Et ensuite, la Nature…

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Publié le 09:51, 1/02/2007 in Périple en Inde |
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Adivasi Mela et tribulations officielles
Carnets de Voyages de Philippe Martin - Philmar
C’est sous une grosse chaleur que je vous ecrit. Vers Shantiniketan, c’etait l’hiver, a Kolkata le printemps, et la, a Bhubaneswar, c’est l’ete!
Les moustiques sont au rendez-vous, ainsi que les cafards! En Inde on ne peut jamais etre seul, meme dans la chambre de guesthouse… Je suis donc bouffe par les mosquitos, et l’emetteur d’ultra-sons ne semble pas du tout les impressionner!
Bref, le lendemain de mon arrivee, le 27 donc, j’ai rencontre Kapilas de hospitality-club.org qui m’a donne des infos sur la ville et ses environs. Il est tres sympathique et cultive, et nous avons echange un moment.
Le soir, je suis alle a l’Adivasi Mela, festival des aborigenes de l’Orissa. C’est tres interessant, et j’ai pris des photos, enregistre les musiques, mais ca ne me suffit pas!

A la fin du festival, en sortant, j’ai retrouve un medecin avec qui j’avais discute un peu dans le train. Il m’a ramene en moto a ma guesthouse et m’a dit qu’il pourrait m’aider dans la region de Similipal a rencontrer des Adivasis. Le lendemain matin j’avais RV avec Nilakantha un anthropologue. Il m’a juste donne quelques infos pour rencontrer des Adivasis dans la region de Koraput; c’est deja ca, mais je m’attendais a plus selon ses reponses par email... Il m’a donne aussi quelques infos sur la region de Bhubaneswar, et une personne a rencontrer, un autre anthropologue.
Je suis ensuite alle aux grottes de Udayagiri, troglodites creuses par les Jains, religion en marge de l’hindouisme, vieille de plus de 2000 ans. Je n’avais pas mon appareil photo pour cause de recharge de piles sous le soleil, mais c’etait interessant d’imaginer la vie de ces ascetes dans des grottes sobres mais joliment decorees. J’ai joue un peu de musique avec des Jains, c’etait sympathique mais ca ne jouait pas tres bien… Je suis remonte sur l’autre colline voir les temples jains de Khandagiri, et le plus grand au sommet datant du 18e siecle.

Plusieurs Indiens (a plusieurs reprises) ont ete amicaux avec moi et voulaient me guider. Mais ils avaint l’air d’etre completement desinteresses par ces monuments banals pour eux, et probablement attendaient que je les paie. Il faut savoir user de politesse, de fermete et de franchise pour s’en sortir car ils peuvent etre tres collants! L’un m’a montre ensuite en express quelques temples hindouistes ou bouddhistes de Bhubaneswar. Le plus grand Lingaraj Mandir n’est pas autorise d’y rentrer au non-hindouistes, mais de l’exterieur cela semblait assez majestueux et paisible (en payant evidemment un bakshish juste pour monter sur une petite plateforme…), mais les autres je n’ai su qu’apres que je pouvais y penetrer, mais pour ce guide improvise (don’t je ne comprenais rien a ce qu’il disait car il machouillait sans cesse une noix de bethel), me faire passer devant, lui donnait apparemment l’impression que j’avais visite les temples!
A propos du langage, je commencais juste a m’habituer a la prononciation bengalie, et a connaitre quelques mots, mais il a fallu recommencer a zero avec l’oriya. C’est une langue relativement proche du bengali, mais ils sont encore plus difficiles a comprendre quand ils parlent anglais, car ils ne remuent quasiment pas les levres!

Je suis alle a nouveau a l’Adivasi Mela, et en faisant le tour du marche adivasi dans l’enceinte du festival, j’ai joue avec 2 adivasis sur une sorte de violon a une corde, j’avais du mal car l’archet etait tres peu tendu. Un organisateur m’a donne un autre contact vers Similipal pour rencontrer des Adivasis…

Et puis 2e soiree (pour moi, car ca a commence le 26) du festival. Plein les oreilles et les yeux, mais comme le 1er soir, la 1ere partie qui est constituee de veritables Adivasis est bien plus interessante que la 2e qui sont des groupes faisant une fusion plus ou moins heureuse de musique indienne et de musique adivasi. Le public parle, fait du bruit pendant la 1ere partie, et par contre ils applaudissent a la 2e. Ils semblent venus pour ca, mais c’est pourtant un festival adivasi! En plus j’ai l’impression que ces groupes sont payes, et non les tribus…

D’autre part ce que j’ai vu avant le debut des spectacles en faisant le tour des magasins, semble en apparence aider les tribus. Il y a peu de choses ecrites en anglais, mais j’ai compris que c’etait en association avec le WFP (world food program) des nations unies. Le but est de developer l’agriculture, le commerce,… des ecoles ou des hopitaux aussi pour d’autres organismes. Mais est-ce vraiment en accord avec le mode de vie de la plupart des aborigenes, qui ont surtout besoin d’espaces dans les forets, ce que parallelement on leur reduit petit a petit…
Ce matin justement j’avais RV avec le 2e anthropologue, conseille par le 1er. Arrive au tribal Research Center on m’a dit qu’il n’etait pas encore la, et qu’en attendant je pouvais aller dans la salle a cote. Je m’attendais a une salle d’attente et je me suis retrouve dans une reunion officielle (workshop on marketable tribal arts and crafts). C’etait tout en oriya, mais j’ai essaye de suivre, avec quelques mots anglais, et les expressions des visages. Il semblait y avoir une confrontation entre representants des Adivasis et representants du gouvernement, don’t l’anthropologue qui est arrive en cours de route…
J’ai fini par sortir et attendre, attendre un entretien avec lui,… A la fin j’ai pu avoir un repas, mais pas obtenir d’informations de sa part. Il semblait vouloir m’eviter alors qu’il ne connaissait pas mes intentions. J’ai juste fini par savoir qu’il fallait une permission pour aller dans une zone tribale.
J’ai cherche l’organisme officiel (ST/SC Development Dept) pour trouver le directeur qui peut delivrer cela, et finalement il n’etait pas la… J’ai RV demain (et pour le voir afin de demander une permission, je devrai demander un pass...).

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Publié le 11:45, 29/01/2007 in Périple en Inde |
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Debi saraswati Puja
Carnets de Voyages de Philippe Martin - Philmar
Quelques dernieres nouvelles pour clore le West Bengal, avant que je prenne le train demain pour Bhubaneswar dans l’etat d’Orissa… Hier je me suis un peu repose, puis je suis alle zoner sans but dans les rues de Kolkata la nuit. Et j’ai bien fait car il y avait un peu partout plein de groupes de musique ambulants, suivis d’un camion. Le jour officiel dedie a Saraswati etait bien avant-hier, mais les gens (dont beucoup de jeunes - etudiants?) ont fait la fete hier encore pour honorer leur deesse.

Les musiciens avaient un groove d'enfer
Ils etaient donc en groupe a l’arriere d’un camion dans lequel ils transportaient une grande statue de Saraswati et d’autres plus petites, et des fleurs,… ils etaient precedes par des musiciens, genre fanfare, ou percussions bresiliennes, a l’indienne evidemment. J’ai pu voir un cote tres extraverti des Indiens, les jeunes surtout. Ils faisaient parfois des pauses, pour danser, hurler,… J’ai meme danse une fois avec eux. Ce n’etait pas facile car je venais juste de faire mes courses pour manger. Les bananes n’ont pas trop aime le traitement! Mais j’ai prefere ne pas les poser pendant que je dansais. Ils etaient contents que je participe, et ils m’ont proposes de monter avec eux dans le camion.

Une des plus belles Saraswati que j'ai vu
J’ai vu alors que tous les groupes de jeunes se retrouvaient alors devant la Hoogly River, grand fleuve qui traverse Kolkata.

Comme toujours en Inde, la foule est impressionnante
Au milieu de la boue et des detritus, chaque groupe descendait sa statue pour l’offrir au fleuve.
Ils s'y mettent a plusieurs pour descendre dans la boue la statue qui semble lourde
les petites statues restent sur la rive
Une celebration tres festive et exhuberante au milieu de ce qui est pour un occidental un depotoir, c’etait assez etrange! Mais la joie de tous ces jeunes etait bien sympathique, bien que juste a cote dormaient (comme partout a Kolkata) des gens, des familles, indifferents au brouhaha.
Beaucoup demandent a etre pris en photo
Aujourd’hui, pas grand chose (a priori) au programme. Un moment dans un cybercafe bonde, pour quelques contacts en Orissa, et puis... a votre service pour le blog/carnet de bord. Demain matin je vais au mariage de Supam, puis je prends le train a 13h40 pour Bhubaneswar. Une autre aventure peut-etre qui va commencer. En tout cas, plus de nature (j’en ai besoin) et le festival Adivasi qui aura lieu du 26 au 31 janvier. Les Adivasis sont les peuples premiers de l’Inde, et ca m’interesse de rencontrer des cultures tribales, de comprendre un petit peu leur fonctionnement, et… de partager en musique!
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Publié le 11:01, 25/01/2007 in Périple en Inde |
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Echanges a Kolkata
Carnets de Voyages de Philippe Martin - Philmar
Namaskar! Me voici a nouveau sur le net pour vous envoyer quelques nouvelles... Le temps passe vite dans la big city, dans les transports, a chercher des choses, et le temps indien n’est pas le meme que le notre! Ces derniers jours j’ai ete a nouveau heberge par Bikram (toujours attentionne et de bon conseil) et sa famille. Puis chez Supam et sa femme, pour une nuit et la matinee avec une petite celebration de Debi Saraswati, la deesse de la Culture (Arts, Education,…). C’etait hier une journee dediee a cette divinite : Saraswati Puja.
 Les objets attributs de Saraswati appartenant a Supam, et les offrandes a la Deesse (fruits). J’apprecie aussi beaucoup Supam, pour ses peintures, mais pour la richesse de son imaginaire et de sa reflexion… Nous avons echange diverses choses sur la creation, la spiritualite, la vie. Il va faire un film assez original, et il veut que j’en fasse la musique… A suivre… J’ai aussi rencontre Biplob un autre indien de hospitality-club.com qui ne peut pas m’heberger, mais qui est bien sympa. Il y avait aussi 3 voyageurs dont je ne me souviens pas les prenoms : un francais qui finit son tour du monde d’une annee par l’Inde dans un mois, un anglais qui va aussi finir un tour du monde de 2 ans et demi (une bonne part en Australie), et puis un cameraman indien qui vit en France et qui pense travailler dans une cooperation France-Inde. Petites rencontres agreables et enrichissantes!
Bikram m'a enmene hier apres-midi faire des achats (CD de musique bengalie et indienne classique, et puis des souvenirs...), et nous avons essaye d'acheter les billets pour la nuit de concert du Dover Lane Music Conference, festival de musique classique indienne. Mais c'etait complet, dommage!
Une rue de Kolkata
Et hier soir je suis alle a un petit concert prive d’Haradhan chez un notable indien, et j’ai chante aussi un peu. Dans le petit public il y avait le mime Partha, un indien vivant a Paris, dans la lignee du mime Marceau ( http://www.mimepartha.com/index.html ) et l’ancien secretaire de Alliance Francaise, qui pourra peut-etre m’informer pour mes projets de l’annee prochaine. Encore des echanges bien sympathiques!
J'ai integre les photos qui manquaient sur les pages precedentes. N'hesitez pas a aller y jeter un coup d'oeil,notamment le Baul Mela.
A une prochaine sur les fils de la Toile!
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Publié le 10:11, 24/01/2007 in Périple en Inde |
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Retour a Kolkata
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Carnets de Voyages de Philippe Martin - Philmar C’etait hier une journee fatiguante avec pas mal de train, bus, taxi, rickshaw, et les embouteillages de Kolkata. Nous sommes donc revenu a Kolkata Haradhan et moi, après avoir laisse Shanti dans sa maison. Nous avions rendez-vous avec Bikram et son oncle qui joue de l’esradj et connait donc bien l’instrument. C’est un instrument a cordes frottees et archet, comme le violon, avec des cordes sympathiques (resonnantes), et une peau sur la caisse comme pour le dottara. J’ai pu grace a l’oncle de Bikram acheter un bon instrument a un tres bon prix. J’aurais aime acheter un sarod (sorte de luth sans frettes) mais c’est beaucoup plus cher… Je pense que j’investirai dans un harmonium (ce n’est pas donne non plus…). Bikram, et son oncle essayant l'esradj
Nous sommes ensuite alle au Jazz Fest retrouver Rajan et Devapryia, voir deux bons groupes. L’ambiance plus familiere, plus occidentale, m’a fait bizarre… Le premier groupe, Autorickshaw jouait une bonne fusion de musique indienne et de jazz, et axee surtout sur les rythmes. L’autre groupe, Tutu, avec un guitariste dont je ne me rappelle plus le nom mais qui etait impressionnant de fluidite dans sa virtuosesque dexterite. Nous avons aussi rencontre Raphael un francais que connaissait un peu Haradhan et qui parle maintenant tres bien bengali. Il connait quelqu’un qui pourrait peut-etre m’aider a rencontrer les adivasis en Orissa. Car je n’ai pas de nouvelles de l’anthropologue contacte avant de venir en Inde…

Le groupe Autorickshaw
Haradhan est rentre chez lui car sa femme etait malade, et je suis rentre avec Bikram dormir dans la maison de ses parents. Mais cette nuit j’etais a nouveau malade… Je crois que je vais arreter de manger systematiquement la cuisine bengalie qui ne me reussit pas. L’annee passee en Birmanie, je n’ai jamais ete malade alors que je ne prenai pratiquement aucun complement, que je buvais n'importe quelle eau,... et je mangeais en grande partie des fruits et des legumes crus. Je vais donc, au risque de les froisser, manger plus de cette maniere. Aujourd’hui donc, repos essentiellement. J’ai vu une partie de la repetition d’une piece de theatre (en bengali) jouee entre autres par Bikram et sa femme Mohouwa. Et me voici a taper ces quelques mots, au lieu d’aller a la suite du Jazz Fest, parce que je suis assez fatigue. Mais je prepare la suite du voyage… Nous devions aussi, Haradhan et moi, voir un producteur de film, mais le rendez-vous a ete reporte... Haradhan commence a faire de la pub pour le festival baul qu'il organise pour les 17 et 18 fevrier avec les meilleurs Bauls (les plus authentiques selon lui). Il y aura probablement deux cameramens, et Bikram en fera partie. Voici un petit compte-rendu (en anglais) de Rajan et son groupe Bonum quand j'avais joue avec eux au debut du mois : http://www.freewebs.com/bonummusic/news.htm Je vous envoie un peu de l'ambiance indienne a travers la toile... A la prochaine!
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Publié le 01:15, 21/01/2007 in Périple en Inde |
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Baul Mela
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Carnets de Voyages de Philippe Martin - Philmar Bonjour a tous! J’avais presque fini de donner les nouvelles de ces derniers jours, quand une panne de courant a tout coupe! Je n’avais pas sauvegarde! Je recommence donc… Je suis donc parti de Kolkata avec Haradhan, le Baul cite precedemment. Il m’a d’abord invite dans sa petite maison dans un village entre Kolkata et Shantiniketan, et j’ai rencontre sa femme Shanti et leurs deux fils. Une bagarre a failli de se declencher a cause d’un conducteur de rickshaw qui avait bu et qui m’a vole un peu d’argent. Je n’ai pas recupere l’argent, mais j’ai reussi a pacifier l’ambiance… Le lendemain nous sommes alle Haradhan, Shanti (qui est Baule aussi) et moi dans leur village de naissance, Bashwa. Pour Haradhan, c’est un lieu tres important qu’il tenait a me faire connaitre, car il descend d’une famille baule prestigieuse. Notamment sa grand-mere qui avait beaucoup de talent et de reputation. Ainsi les Bauls se rassemblaient dans ce petit village maintenant oublie. Il est tres sensible a cela, d’une part parce qu’il en est fier, mais aussi parce qu’il voit bien que le monde change, et qu’il y a maintenant de plus en plus de faux Bauls, deguises, jouant dans le style car il y a un commerce de cette musique, mais qui ne vivent pas dans “l’ame baule”. Ce village represente pour lui l’authenticite baule. Au long de ces derniers jours il m’a appris des choses sur la philosophie, les principes, l’exigeance musicales et spirituelles. Une partie de la famille de Haradhan
Dans ce village, il m’a fait faire le tour de ses amis, de sa famille, et on n’a pas arête de boire des tchai et de manger. Et il se trouve que le seul jour ou j’ai oublie de prendre citrobiotic et biotravel, c’est ce jour-la ou on a mange de la viande pas fraiche, s’ajoutant a une eau pas bien bonne… Shanti, Haradhan un petit peu, et moi sommes tombes malades : j’ai donc attrape la fameuse tourista des voyageurs avec ses tracas digestifs… Un jour plus tard, en etant a jeun et avec de bonnes doses d’argile, ca allait mieux, mais j’etais tres fatigue. Nous sommes alles seulement Haradhan et moi (Shanti etant trop malade) au village Jadayev Kenduli pour le Baul Mela (festival Baul du 14 au 16 janvier).

Dans une rue de Kenduli, pendant le festival
Et la je suis tombe dans un Woodstock baul avec des centaines de milliers de personnes, dans une ambiance bruyante de foire (et les odeurs, mais ca c’est partout pratiquement). Plein de scenes partout avec des sonos plus ou moins pourries, et volume a fond, quitte a saturer! C’est ce qui m’a le plus surpris au depart : la musique indienne est subtile, et leur maniere de mixer vraiment pas du tout! Sur ces 3 jours j’ai tres peu dormi (couche entre 6h et 10h du matin…) car la musique ne s’arretait jamais. Et j’ai une bonne creve… Deux Bauls sur scene
J’ai achete un dottara, une sorte de banjo baul, et j’ai joue sur plusieurs scenes avec Haradhan, en l’accompagnant au dottara quand il chantait, puis je chantais en totale impro.  Haradhan chantant et jouant du Komok
Moi en train d'accompagner au Dottara
C’est vraiment une superbe experience de jouer avec ces musiciens qui mettent leurs tripes et leur ame dans leurs chansons dont les paroles vibrent d’une poesie philosophique et spirituelle. Et leurs rythmes ont un groove fabuleux!

Un joueur de Tablas en totale ecoute du chanteur
Ils ont ete tres receptifs a ma maniere de chanter, et ce furent des moments forts. Ils veulent tous, musiciens et publics, que je revienne l’annee prochaine, ainsi qu’Haradhan…

Improvisation au chant
J’ai d’ailleurs oublie de vous preciser que la personne que vous lisez la s’appelle Premanundo, ce qui signifie Amour et Joie en indien. J’ai en effet ete en quelque sorte intronise Baul par Haradhan. La confiance de Haradhan a mon egard n’est pas a la legere, car il est tres exigeant envers les Bauls (meme si je vois bien qu’il tire du prestige de moi).

Haradhan Das Baul et Premanundo Philmar Baul...
Il va organiser aux alentours de mi-fevrier un mini festival d’authentiques Bauls (une quinzaine seulement), et je vais y participer, et il va faire filmer ce moment…

J'ai aussi visite a Tarapith le temple de Tara Ma.
Et j'ai fait un petit tour a Shantiniketan. Voici la maison ou vivait Rabindranath Tagore.
Pour la suite, je vais retourner le 19 janvier a Kolkata pour le Jazz Fest avec des grosse pointures de jazz et retrouver les 1ers amis indiens. A bientot!
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Publié le 01:53, 17/01/2007 in Périple en Inde |
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Journee emplettes et recherches
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Carnets de Voyages de Philippe Martin - Philmar
Pas vraiment de nouvelles interessantes pour aujourdhui, mais comme je pars demain finalement plutot que vendredi pour avec Hardhan Das Baul (il faut que je le joigne par telephone pour etre sur), et que je ne suis pas sur de trouver la-bas de cybercafe, j'en profite aujourd'hui. Je viens d'acheter des tablas, et quelques souvenirs pour la famille, avec beaucoup de marchandage. J'essaie de prendre ca comme un jeu au debut, mais a la fin ca devient ennuyeux et fatiguant. Et puis il me reste encore un mois et demi, il y aura surement d'autres choses interessantes.
Kolkata la nuit
Je continue mon stage intensif d'anglais avec prononciation bengalie... J'ai pas mal zone a la recherche d'infos ou de choses, au milieu du trafic infernal de la ville : comment envoyer par le Post Office (la poste), des prix d'instruments,... j'ai revendu des sandales que j'avais achete et qui me faisaient mal, etc Tout cela n'est pas tres passionnant, mais ca vous donne une idee d'autres aspects du voyage.
Suite au prochain episode...
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Publié le 04:31, 10/01/2007 in Périple en Inde |
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Contraste sur deux jours
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Carnets de Voyages de Philippe Martin - Philmar
Hey, bonjour a tous!
Et tout d'abord merci pour vos emails et commentaires, ca fait vraiment plaisir!
Encore 2 jours bien pleins, et surtout avant-hier. Je suis alle le matin dans la famille de Mohouwa la femme de Bikram, et il y avait aussi des amis. Tous tres gentils, accueillants et interessants, et meme genre de cuisine avec une specialite du Bangla Desh : le riz (avec soit-disant pas d'epices, mais ca me chauffe bien la bouche quand meme!), les sucreries,... Bikram m'a montre un tres beau film court metrage qu'il a realise : inspirees d'un poeme bengali sur une chasse apres un cerf, ce sont de belles images de la nature dans les forets du Bengale, avec une certaine ambiance qui traduit bien le poeme...
La famille de Mohouwa et deux amis
Je ne suis pas alle voir Monojit le percussionniste, parce que lundi c'etait un jour de greve, et donc pas de bus, pas de taxi,... je vais essayer de poser un autre RV...
Soiree musique chez Supram
Et l'apres midi apres une petite sieste, nous sommes retournes chez Supam Adhikanity qui nous accueillait chez lui avec des amis, des musiciens et un Baul. Et la je n'ai pas vu le temps passer, ca a ete vraiment magique. Nous avons accompagne les chansons du Baul (je crois que ce mot signifie a la fois fou et libre. Les bauls sont similaires aux Fous de Dieu, certains menestrels de chez nous de l'epoque medievale) qui s'appelle Haradhan das Baul.
Haradhan
C'est vraiment la musique du coeur et des tripes et je me retrouve vraiment bien la-dedans, avec quelque chose de familier pour moi. Je me suis bien integre a la musique et ils ont bien apprecie. La simplicite et la profondeur du partage m'ont vraiment touches. Et puis Haradhan m'a dit en plaisantant que j'etais un Baul, pour dire que j'en avais l'esprit et ca m'a vraiment fait plaisir! Alors il m'a propose de venir jouer avec lui au Kenduli Mela, le festival des Bauls qui aura lieu du 14 au 16 janvier a Jadayev vers Shantiniketan. Je le retrouve deja vendredi pour aller jouer avec lui a Bolpur, la ville juste avant Shantiniketan depuis Kolkata.
Ca commence effectivement bien pour moi, car je n'esperais pas mieux pour ce voyage! Et c'est assez tard que je me suis endormi, vraiment heureux...
 Bikramadittya Par contre la nuit a ete courte car ce matin je suis parti de chez Bikram pour trouver une guesthouse dans le centre de Kolkata. Chez Bikram c'etait un des rares endroits de Kolkata tranquille, dans le sud. J'avais l'impression d'etre dans un village, avec le chant des oiseaux,...
Aujourd'hui je decouvre, version indienne, la folie des grandes cites, avec leur bruit, leur pollution, leur stress, leur alienation, leur pauvrete,... C'est curieux que c'est souvent la ou il y a le plus de concentration d'humains, que la vie est la plus inhumaine... Si on oublie la Nature, on oublie notre propre nature, et vice-versa... La pauvrete est vite misere a Kolkata. Je m'y attendais, ca ne m'a pas choque plus que ca. Evidemment les mendiants m'ont repere comme un ouveau client ou une nouvelle proie! Ce qui m'attriste le plus c'est que certains passent leur temps a se plaindre, ils semblent se creer un systeme vraiment negatif qui les enferment... car meme quand on leur donne de l'argent ils ne sont pas du tout reconnaissants, et en redemandent, et si on refuse, ils commencent a insulter! Les Indiens eux-meme disent qu'ils ne faut pas leur (generalement des femmes et/ou des enfants) donner d'argent, surtout les enfants. Dans cette rue (Sudder Street) c'est un business... Alors j'ai passe une partie de la matinee a discuter avec certains d'entre eux, moins ''agressifs'', ils sont tres sympathiques, mais c'est sur que je vais les retrouver ce soir ou demain, en insistant un peu plus...
 Sudder Street vue de la fenetre de ma guesthouse
L'apres-midi j'ai retrouve 2 francais Jean-Michel et Alexis, le 1er luthier et le 2e qui apprend les tablas 6 mois par an depuis 4 ans. On est alle voir ensemble des magasins d'instruments de musique. Il y a vraiment l'embarras du choix! J'ai repere quelques prix (acheter un : Harmonium? Sarod?...) , et ai achete 2 flutes Bansuri (traversieres) + un instrument a anches, a des prix plus que raisonnables ( marchandage et tout...). Et un des francais m'a donne quelques autres rues ou je pourrais trouver des instruments. Par Bikram j'aurai aussi peut-etre la possibilite d'acheter a bon prix un esradj de qualite.
A Kolkata il fait soleil tous les jours, avec une temperature tres douce la journee, et plutot fraiche la nuit. C'est ideal pour moi, un peu comme notre printemps en France.
Je vais consacrer les jours avant que je retrouve Haradhan a visiter des choses dans la ville, et prendre des contacts (dans l'Orissa state). A bientot!
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Publié le 03:51, 9/01/2007 in Périple en Inde |
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Arrivee a Kolkata
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Carnets de Voyages de Philippe Martin - Philmar Namaskar! (bonjour en Bengali) Eh bien me voici arrive en Inde! Apres environ 24h de train, d'avion et d'escales, j'ai plonge hier dans l'ambiance (+ le taxi) quotidienne des Bengalis avec Bikramadittya qui m'a accueilli vraiment gentiment a midi dans sa famille, par le biais du site hospitality-club.

La maison de Bikram
J'ai mange du dhal (melange de legumineuses aux epices), du lait au riz a la cardamome... et meme du fromage. Ca n'en a pas le gout ni la consistance. C'est sucre avec du jus de dattes et roule en boule... En fin d'apres-midi nous sommes alles Bikram et moi voir son ami Supram qui est peintre professionnel et le frere de c elui-ci. Deja discussions approfondies sur la spiritualite, dans la limite de mes capacites orales en anglais, et ils m'ont fait ecouter de la musique traditionnelle bengalie, et puis j'ai chante un peu en m'accompagant a l'harmonium indien. Petit moment magique... Aujourd'hui j'ai suivi les cours de percussions latines du meilleur percussionniste de jazz de Kolkata. Tres interessant, et j'ai pris RV avec lui pour jammer (improviser) avec lui et son groupe. A suivre... Et cet apres-midi j'ai joue avec Rajan et son groupe de Rock et autres influences. Moment vraiment sympathique d'improvisations. Les Indiens sont vraiment tres gentils et supportent bien mon mauvais anglais! Ils aiment bien ma maniere de chanter et trouvent que ca ressemble au chant indien. Ils aiment bien mes CD aussi (le single Les Pretendants de Genre Humain et l'album Sur le Chemin. cf http://philmarzic.free.fr ) A une prochaine!
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Publié le 08:05, 7/01/2007 in Périple en Inde |
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Projet et préparation du voyage en Inde
Le 28/11/06 à Veigy, jour j-38 avant départ pour l'Inde...
Ben voilà, ça approche, je vais finir de préparer ce voyage, avant de partir dans 15 jours retrouver Nicole et Raphaël à St Lambert; et ensuite ce sera vraiment le départ depuis Paris le 5 janvier 2007 à destination de Kolkata (Calcutta).
Là j'espère rencontrer des musiciens, voir des spectacles, acheter des instruments, et tout ce que je ne peux prévoir... J'ai un pied à terre vers Shantiniketan par Sadhinata où vivent des Bâuls (prononcer baoul). Musiciens mystiques traditionnellement nomades, ils se sédentarisent mais restent encore des baladins dans l'âme.

Rabindranath Tagore dont on voit la photo est l'écrivain bengali le plus célèbre dans le monde, et il s'est bien inspiré de l'esprit "bâul" dans ses écrits.
Je partirai ensuite vers le sud en longeant plus ou moins la côte Est de l'Inde pour rejoindre Chennai (Madras). Je traverserai des régions relativement sauvages en passant par les états Orissa, Andhra Pradesh, et finalement le Tamil Nadu.

J'ai bien envie de visiter quelques parcs naturels, et peut-être d'aller dans les villages d'ethnies tribales pré-dravidiennes. Ce sont les peuples Premiers de l'Inde que l'on appelle les Adivasi, et que l'on peut trouver entre autres dans les Ghats (petites montagnes) orientaux de l'Orissa.

L'Andhra Pradesh est sauvage aussi, avec des temples et autres monuments historiques... Puis le Tamil Nadu avec ses innombrables temples, et Chennai qui est généralement considérée comme la 2e capitale culturelle de l'Inde après Kolkata. J'irai bien sûr à Pondichéry et Auroville, la ville qui a été achetée symboliquement par la plupart des nations du monde dans les années 60. Il y a pas mal d'activités constructives d'avant-guarde (éducation, écologie,...), et puis l'ashram de Sri Aurobindo.

Aurobindo a fait une synthèse intéressante des philsophies indiennes, avec aussi l'approche occidentale scientifique sur l'évolution.
Aurai-je le temps de vadrouiller dans le sud de l'Inde? Aller me baigner sur les belles plages (il paraît que celles de la côte Est sont dangereuses...)? Faire un safari en éléphant dans le Kerala? Toujours est-il que je devrai partir de Chennai le 28 février pour Paris...
Pour l'instant, je reviens juste du Forum Voyageurs du Club Teli ( http://www.teli.asso.fr ) qui était vraiment intéressant et convivial. J'ai eu quelques infos supplémentaires pour mon voyage (et sur d'autres destinations potentielles!), et ça m'a donné encore plus envie de partir! 
Alors voilà, j'ai créé mon petit blog/carnet de voyage pour pouvoir vous tenir au courant régulièrement - Famille, Amis, et puis ceux que ça intéresse(-ra) - dans la limite des cybercafés que je pourrai trouver bien sûr...
A bientôt!
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Publié le 12:08, 28/11/2006 in Périple en Inde |
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Moments choisis sur le Myanmar
Carnets de Voyages de Philippe Martin - PhilmarQuelques photos de notre voyage (JP et moi) effectué dans le mois de février 2006...
Trek dans une forêt du Myanmar : Entre le le lac Inlé et la ville de Kalaw, nous avons fait un trek de 3 jours... Un des meilleurs moments du voyage pour moi.
Troc dans le Trek : JP en train de choisir des cacahuètes au marché d'un tout petit village, à quelques km du Lac Inlé. Les Birmans croient que les cacahuètes crues sont indigestes! On en a mangé plein pendant un mois sans problème ...
Les enfants sont très curieux : Au Myanmar ils nous faisaient des grands saluts ("tata!") que nous leur rendions avec amusement, et ils nous suivaient, voulaient voir les photos sur l'appareil,...
Une maman rentrant chez elle : Une jeune maman avec son bébé sur le dos qui revient au village le soir. Moment du quotidien un peu magique, avec la lumière du coucher et la luminosité propre aux latitudes des Tropiques.
Une soirée bien sympathique : Nous avons découvert dans un village perdu dans les montagnes entre Taungyi et le Lac Inlé que la majorité des jeunes Birmans sont fans de Bon Jovi, Metallica,... Rencontre bien sympathique parmi tant d'autres.
Petite pause paisible : Sur le chemin en approchant du Lac Inlé, un petit Temple au bord d'un étang.
Encore une pagode...
 Au début on était vraiment émerveillé par les pagodes, puis à force d'en voir vraiment partout, dans les villes, dans les villages, dans la nature, on a presque fini par se lasser malgré la majesté de ces monuments...
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Publié le 11:24, 27/11/2006 in Un mois au Myanmar |
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